Après cela, il sourit amèrement et s’en alla retrouver la belle Hélène qui l’attendait avec impatience dans le corridor. Ils poussèrent la porte, mirent le verrou, puis se retirèrent eux-mêmes dans une chambre secrète où ils eurent une longue conversation.
On ne sait pas au juste ce qu’ils purent bien se raconter, mais on suppose que la belle Hélène, par son insistance, finit par agacer le médecin. Car il est sûr et certain qu’il cria :
— Mais enfin, ma chère amie, vous n’y pensez pas !… Vous ne savez donc pas ce que je risque ?…
Hélène ne dut pas se tenir pour battue et le médecin essaya encore de la ramener à de meilleurs sentiments.
— Tout beau ! chère amie… un peu de patience, que diable !… Croyez-m’en : il y arrivera sans le secours de la science et avant que tout le monde soit content…
Hélène ne voulait rien entendre. Vaincu, le médecin conclut ainsi :
— Eh bien, soit ! Je vais remonter lui prodiguer tout de suite mes soins éclairés… Et je lui ferai cette petite piqûre…
Là-dessus, la belle Hélène battit des mains, transportée de joie.
Le médecin voulut faire comme il avait dit : il remonta dans l’intention de voir Placide. Il ôta donc le verrou, ouvrit la porte, pénétra tranquillement dans la chambre. Mais il ne vit point Placide, car Placide était parti… Parti ? Oui, parti !… Par la cheminée ? il n’y en avait pas !… Par la fenêtre ? elle était très haute et fermée !… Par la porte ? il y avait le verrou !…
Le pauvre médecin cherchait vainement à comprendre. Il appela Hélène et celle-ci appela ses serviteurs dévoués. On mit la maison sens dessus dessous, sans aucun résultat.