Placide eut tôt fait de découvrir ce micmac.

Il sut aussi que le premier commis jouait son jeu tout seul, avec l’aide de la belle Hélène. Là était le point dangereux, car la belle Hélène n’oubliait pas qu’elle avait juré de se venger.

En ces circonstances difficiles, Placide ne perdit point courage. Il trouvait l’occasion depuis longtemps cherchée d’occuper utilement ses facultés ; aussi donna-t-il toute sa mesure.

Sans perdre de vue son trésor, il surveillait, d’un côté, ses concurrents, les gendarmes et les juges ; de l’autre, la belle Hélène et le premier commis.

Ces derniers avaient souvent des apartés dans les petits coins ; de temps en temps, pour être plus tranquilles, ils s’en allaient en bateau sur le fleuve.

— Si tu veux, faisons un rêve ! proposait le commis.

— Oui ! je le veux ! répondait Hélène… Nous sommes deux, nous serons trois… Un homme tombe, un homme boit… Ce petit bateau a-t-il des jambes ?

— J’aurai le trésor !

— Je serai vengée !

Pauvre Placide !