Le bonhomme montra quelque curiosité.
— Eh ! quoi ! monsieur !… auriez-vous comme moi, dans votre vie, des tortues, des chats, des écureuils et les chiens les plus sordides ?
— Non ! répondit Isidore ; Séraphine, ma jeune amie, ne s’attache qu’aux porte-bonheur en émail bleu, aux échantillons de soierie et aux poissons rouges.
M. Pioutre leva une main vers le ciel.
— Les poissons rouges ! Que ne suis-je poète pour célébrer comme il convient ces gracieuses et sympathiques bestioles ! Monsieur, vous n’avez pas le droit de vous plaindre ! Vous n’en avez pas le droit !
Isidore ne se plaignait point ; il trouva cependant plaisant que ce bonhomme prétendît toujours l’emporter sur lui, même sur cette question du malheur.
— Parbleu, monsieur ! dit-il, tout cela dépend des idées et des goûts de chacun. Après tout je ne vous trouve point tant à plaindre avec vos chiens… j’aime les chiens, moi, monsieur ; j’ai chez moi, à la campagne, deux griffons à poil dur.
A ces paroles, le bonhomme se leva et dit :
— Béni soit donc le hasard qui me fit diriger en ces lieux mes pas incertains ! Je vous prie, cher monsieur, d’agréer mes remerciements anticipés… J’aperçois, sur la plage, un vieil ami qui cherche des coquillages : pour me permettre d’aller librement le saluer, voulez-vous avoir l’obligeance de tenir un instant la laisse de ce brave chien ?
— Bien volontiers ! répondit Isidore qui ne savait pas refuser.