M. Pioutre lui mit la corde entre les doigts et s’éloigna allégrement en fredonnant un joyeux petit air.

— C’est très joli, tout ça ! pensa Isidore au bout d’un moment, mais voici le soleil qui monte ; Séraphine, qui est matinale, ne va pas tarder à se réveiller… Si je m’attarde trop, elle me chantera quelque chose !

Il attendit longtemps, non sans impatience, le retour de M. Pioutre. M. Pioutre ne semblait nullement pressé de revenir. Près du chercheur de coquillages, il gesticulait, levant les bras, montrant la mer, montrant Isidore, se tournant enfin vers la ville.

— Ah çà ! mais !… Je crois bien qu’ils vont prendre un verre !

M. Pioutre entraînait en effet son compagnon vers une petite guinguette dont la devanture venait de s’ouvrir. Voyant cela, Isidore marcha vivement afin de couper la route aux deux amis.

— Monsieur Pioutre, je vous ramène Hindenbourg, car j’ai par là quelque affaire…

Avant de prendre la corde, M. Pioutre fit les présentations.

— M. Duribouc, propriétaire, chasseur et joueur de manille aux enchères… Mon ami, M. Arrivé, amateur de coquillages.

Alors, l’ami Arrivé, sans plus tarder :

— J’aime moi aussi la manille aux enchères… mais le matin, généralement, je cherche des coquillages… Il y a vingt ans que je cherche des coquillages pendant les vacances… C’est pour ma femme : à la maison, elle en met partout… Elle est très douce ; nous n’avons pas d’enfants.