28 janv. — Départ à 8 heures et quart. Des filons de basalte noir traversent le granite[117], tandis que le basalte gris est au contraire injecté de granite. Nous dépassons à notre droite une coupole granitique surmontée d’une haute pyramide de pierres : c’est le Tignoutine.

Plusieurs vautours suivent notre caravane, guettant le chameau qui tombera de fatigue. Nous en avons déjà abandonné plusieurs.

29 janv. — Journée glaciale ; le vent du nord souffle sans discontinuer. Les granites et les felso-porphyres alternent, ces derniers présentent des inclusions de roche grise.

30 janv. — J’aperçois, pour la première fois, des gommiers dans un ouadi sablonneux. On l’appelle ouadi Nkerat, il s’y trouve trois puits à sec.

Nous approchons d’un plateau formé des mêmes grès que le Tasili du Nord ; je revois également çà et là les schistes observés dans la plaine de Tayta.

31 janv. — Départ à 8 heures. Nous n’avons plus autour de nous que la homada de grès sombre, qui s’élève à mesure que nous avançons vers le sud. Nos chameaux sont exténués.

Vers le soir, nous croisons l’oued Immider qui va dans la direction de l’ouest et que nous descendons pendant une demi-heure, afin de trouver au moins un peu de fourrage pour nos bêtes affamées. Cet oued est le premier qui fasse partie de l’Aïr[118].

1er fév. — Nous montons toujours. A 10 heures, arrivée au puits de Tadera, dont l’eau salée n’en paraît pas moins délicieuse pour notre soif. Nous remplissons nos outres pour la première fois avec de l’eau de l’Aïr. On dit que ce puits ne tarit jamais. Le granite réapparaît à 8 heures, nous campons dans l’ouadi Zibel, où nos chameaux trouvent de l’herbe en quantité. Riche végétation de gommiers et d’adjar[119].

2 fév. — Jour de repos. J’ai une si forte envie de viande, que je tire deux petits oiseaux au plumage jaune et gris, nommés keroukerou. Mon serviteur m’en fait un bon potage.

3 fév. — Nous marchons dans l’ouadi. A 9 h. 1/2, halte près de l’ouadi Tiout[120] ; nous puisons de l’eau douce pour la première fois. Les Maerua rigida et les gommiers dominent : les premiers sont en fleur.