17 juin. — J’ai capturé trois coléoptères (cétonides) ; il y en a une masse qui bourdonnent autour du gommier près de ma maison. Recueilli aussi deux scarabées rouges (bousiers) dans le voisinage de l’oued.

22 juin. — Des gens d’Agadès sont venus apporter du gueçob et du riz du Soudan, qu’ils veulent échanger contre du sel. Le cheikh m’envoie une petite quantité de gueçob ; je crois qu’il n’en a pas beaucoup lui-même. Il me dit qu’il n’y a pas de vivres en ce moment. Tout le monde attend la caravane du Soudan ; sans elle, l’Aïr ne pourrait pas subsister[187] !

Avant le coucher du soleil, une forte bourrasque de sable nous arrive de l’est. Le ciel devient d’un jaune de soufre, le soleil s’obscurcit ; cela dure plusieurs heures. Le vent nous a apporté quelques sauterelles et quelques gouttes de pluie.

25 juin. — On nomme aza[188] un petit acacia à folioles recourbées en croissant, avec fleurs blanches, très parfumées ; les chameaux mangent ses feuilles avec avidité.

Le faki d’un village voisin me dit qu’il y a sur le Baghzen beaucoup d’inscriptions rupestres, et des maisons de pierre qui ne sont plus habitées.

26 juin. — Le terrakat[189] est en ce moment en pleine floraison ; ses grandes fleurs blanches solitaires sont magnifiques. Les feuilles sont simples, alternes, dentées, longues d’un pouce et demi au plus ; les sépales verts à l’extérieur, blancs à l’intérieur ; les pétales, plus étroits et plus courts que les sépales, le style plus long que les étamines. Le fruit, à quatre loges et à noyau, devient rouge brun à maturité.

27 juin. — Nombreux vols de sauterelles qui passent souvent à une grande hauteur. Il y a deux espèces : l’une jaune, l’autre rouge, à ce qu’il semble.

28 juin. — Un des jeunes élèves du faki a appelé mon serviteur kafir et lui a jeté des pierres pendant la prière. Staoui s’est plaint au cheikh, qui a administré au garnement une correction de sa main.

29 juin. — Il y a maintenant toujours plus ou moins de poussière dans l’air, et, lorsqu’on regarde les montagnes, elles paraissent couvertes d’un voile.

Aujourd’hui, enfin, nous avons eu la visite de Touareg qui font partie d’une caravane de Zinder. Le cheikh nous promet des chameaux pour nous envoyer la rejoindre à Rhezer[190]. La caravane va bientôt repartir pour Ghât. Le cheikh me dit qu’il a reçu des lettres des sultans de Zinder et de Sokoto. Ce dernier le prie de faire la paix avec les Kel-Guérès. Est-ce une vanterie ? Le cheikh prétend que, si les Kel-Ouï font la paix avec les Kel-Guérès, il y aura cessation d’hostilités entre le Sokoto et le Tessaoua. Depuis quelque temps, le cheikh est toujours aimable et cordial.