[16]D’après le P. Richard, les assaillants étaient des Chambba dissidents. En tout cas, la complicité des guides ifoghas reste nettement établie : « les trois Ifoghas, dit le P. Richard, font demi-tour avec tous les chameaux et se mettent à distance, laissant les deux chrétiens seuls avec le razzi de Bou-Saïd. Dournaux-Dupéré et Joubert sont immédiatement saisis... Ifoghas et Chambba se rapprochent alors, et le partage du butin s’opère immédiatement. »
[17]L’auteur fait allusion à la situation politique exposée par Dournaux-Dupéré (Lettre à H. Duveyrier, Bull. de la Soc. de géogr. de Paris, 1874, II, p. 161). Les Ifoghas s’étaient pour la plupart alliés à la tribu des Imanghasaten alors en guerre avec Ikhenoukhen. Khetama était le chef Imanghasaten, ennemi d’Ikhenoukhen, qui, après avoir vainement essayé de s’imposer à Dournaux-Dupéré comme protecteur et de le détourner de sa route, l’avait quitté en proférant des menaces. En somme, la version touareg confirme les déductions de Duveyrier en 1894 : Dournaux-Dupéré est mort victime de la jalousie d’ennemis d’Ikhenoukhen, à qui était réservé le bénéfice éventuel du passage de la caravane française.
[18]Voir plus loin sur ce personnage, [p. 26,] [28] et [30.]
[19]En 1890, M. Foureau évaluait la force des Hoggar à 1200 hommes (Une Mission au Tademayt, p. 92).
[20]Cette influence des chérifs du Touât se fait encore sentir chez les Azdjer. « Ces marabouts, écrivait M. Foureau en 1894, sont plus ou moins lettrés, et le plus souvent fort intelligents ; ils sont les secrétaires et les conseils des chefs ; ils ne perdent aucune occasion de réchauffer le fanatisme endormi des Touareg, en leur prêchant la haine de l’infidèle en général et du chrétien en particulier. Ce sont pour la plupart des émissaires secrets du gouvernement du Maroc, qui depuis quelque temps est en correspondance constante et directe avec les chefs des Ahaggar, et même avec ceux des autres fractions. » (Mission chez les Touareg, d’octobre 1894 à mai 1895, p. 162).
[21]C’est la latitude la plus méridionale sous laquelle ces arbres aient été signalés au Sahara.
[22]D’après Ascherson, ce nom désigne la Calotropis Procera R. Br., appelée aussi toreha par les Touareg, asclépiadée caractéristique du Soudan septentrional, et qu’on retrouve au Sahara jusqu’au Mzab et jusqu’à Tripoli (Pflanzen des mittlern Nord-Afrika, dans Rohlfs, Kufra, p. 483).
[23]Il y a là sans aucun doute une erreur de transcription ; le journal de route ayant été écrit primitivement en sténographie. Erwin de Bary fait évidemment allusion à une espèce connue. D’après M. Locard, à qui nous avons soumis le cas, ce ne peut être que la Melania tuberculata Müller, qui est répandue dans toute l’Asie méridionale et dans l’Afrique méditerranéenne depuis l’Egypte jusqu’au Maroc. Au Sahara, elle avait été signalée jusqu’ici par Duveyrier dans l’oasis de Mraïer près Touggourt, et par le Dr Marès à Ngouça (Bourguignat, Malacologie de l’Algérie, II, p. 253). La correction de M. Locard paraît d’autant plus justifiée, que M. Foureau vient de trouver dans l’Erg d’Issaouan, au nord-ouest de Ghât, les dunes et les dépôts quaternaires récents jonchés de coquilles subfossiles de Melania tuberculata associées à des Planorbis, Limnea, Physa, Corbicula fluminalis et Succinea (Rapport sur ma mission au Sahara, 1893-1894, p. 159, 156, 153, 67, etc.). Ces constatations, ainsi que celles toutes semblables faites par M. Foureau dans la région de Timassinine et de l’Erg de Constantine et par M. Flamand dans l’Erg oranais, sont une preuve de plus à l’encontre de l’hypothèse de la mer saharienne quaternaire et donnent à l’observation d’Erwin de Bary sa véritable portée. Elle indiquerait la survivance, au Sahara central, de représentants d’une faune d’eau douce quaternaire, qui grâce au régime éminemment aquatique d’une partie de cette période, se serait étendue de l’Atlas jusqu’au Tasili, et peut-être jusque dans le Sahara méridional.
[24]Ce chiffre ne cadre pas tout à fait avec celui de soixante-seize ans que Duveyrier attribuait à l’émir en 1861. On conçoit qu’il soit difficile d’être fixé sur l’âge exact de ces nomades.