[37]Chez les Musulmans soupçonneux du Tafilelt, Rohlfs n’échappa point à une semblable visite, et ne dut la vie qu’aux traces d’une opération qu’il avait subie jadis.
[38]Célèbre théologien du IXe siècle, dont le recueil de sentences est très connu dans le monde musulman.
[39]Il s’agit de Tibbous croisés de nègres, comme ceux de l’oasis de Kaouar.
[40]Autre chef des Imanghasaten. Lors des derniers voyages de M. Foureau, il a été un des chefs hostiles qui n’ont voulu avoir aucun rapport avec l’explorateur français. Dans une lettre écrite à Adjiro (Aïr), Erwin de Bary a fait de lui le portrait suivant, qu’il n’est pas sans intérêt de reproduire : « C’est le type du noble targui. Très blanc de teint, doué d’une vigueur exceptionnelle, il a une voix retentissante, dont la basse profonde, même dans la conversation, me frappait d’étonnement. A la moindre émotion, ses yeux noirs s’allument, et l’on devine un nez en bec d’aigle sous son litham. Il est violent et susceptible, de sorte qu’il n’est pas commode de traiter avec lui. Othman me disait d’ailleurs : Oufenaït a l’extérieur d’un lion, mais le cœur d’un enfant. — Ce qui veut dire : ménage son orgueil et son ambition, et tu auras bon marché de lui. J’ai vu plus tard qu’Othman avait raison. »
[41]Droit de passage.
[42]On était en 1876. C’est un exemple assurément peu ordinaire, que celui de ce vieux chef de nomades, qui du fond de son Sahara, se tenait si bien au courant de la situation de l’Europe, et « parlait beaucoup » des Français, lui qui depuis quinze ans n’en avait pas revu un seul ! Il est certain que Duveyrier, avec ses manières généreuses et chevaleresques, avait produit sur l’émir une impression profonde, et quelles que soient les preuves de duplicité que nous aient données les Touareg, nous n’avons pas de raison de croire qu’Ikhenoukhen ne nous soit pas resté fidèle jusqu’à la fin. Son intérêt nous répondait d’ailleurs de la sincérité de ses sentiments, puisque les taxes payées par les caravanes françaises devaient, d’après le traité de Ghadamès, ne profiter qu’à lui seul. Ainsi s’explique aussi son attitude presque hostile vis-à-vis d’Erwin de Bary, qui tout en se présentant comme médecin musulman, était le protégé des Imanghasaten. Malheureusement, l’autorité d’Ikhenoukhen n’était plus acceptée sans conteste, les Imanghasaten et les Ifoghas étaient en état de rébellion ouverte, et Dournaux-Dupéré était mort victime de ces rivalités des tribus azdjer.
[43]Plante non déterminée.
[44]Plus d’un voyageur européen s’en est aperçu. Ce sont des Imrhad qui en 1894 ont menacé par exemple la mission d’Attanoux et l’ont mise un instant dans une position critique.
[45]Il y a encore une autre raison : comme le remarque M. Foureau, les nobles prennent chez les Imrhad ce qu’ils trouvent à leur convenance, et ceux-ci se dédommagent sur le passant (Rapport sur ma mission au Sahara, 1893-1894, p. 261).