Othman, neveu de Hatita, vient me rendre visite, en compagnie d’Eg-Bekr. Le premier me réclame cent thalers, et son compagnon cinquante. Comme je me récrie et leur demande pourquoi je dois payer une somme aussi forte, Osman répond que je n’ai pas à payer pour mes marchandises, mais pour ma tête. Je chassai l’insolent et lui déclarai que Ghât n’était plus son pays, mais appartenait au sultan, ce qui le mit fort en colère.

Lorsqu’un Targui parle du sultan, il met un peu de sable sur le creux de sa main et souffle dessus en manière de dérision.

13 octobre. — Visite de mon ami Hassan de Tounine. Il a la fièvre, et je lui donne de la quinine. En général, il y a beaucoup de fièvres dans cette région[29].

Eg-Bekr[30] est du parti d’Ikhenoukhen, dont il a épousé une fille. Si ce dernier meurt, Kelala deviendra émir de droit, mais il est d’humeur trop douce pour avoir de l’influence ; par contre, Eg-Bekr est redouté de tous pour sa violence, et c’est lui qui a par suite le plus d’autorité.

A midi je suis allé pour la première fois à la mosquée, qui est bâtie en terre, basse et sale à l’intérieur ; elle était bondée de fidèles. On m’a regardé, mais sans rien dire. Sammit[31], qui voulait m’accompagner, a disparu au dernier moment.

17 octobre. — D’après les renseignements fournis par mon ami Dedekora on trouve à Ghât les quatre tribus suivantes[32] :

1o Les Ihadjenen, comprenant trois fractions ;

a) Les Aït Tedjenen Hana, nombreux ;

b) Les Aït el Mokhtar, peu nombreux ; c’est la tribu de Safi ;

c) Les Aït Hamouden.