[146]L’autorité du sultan d’Agadès est purement nominale. « Tout son rôle, dit encore E. de Bary, se borne à faire percevoir un tribut sur les caravanes qui viennent du Nord. (De là ce nom de serki-n-touraoua, consul des blancs, que portait le malandrin qui avait dépouillé le voyageur.) Quant aux Kel-Ouï, ils ne paient de tribut ou de redevance d’aucune sorte, et chaque cheikh traite à sa guise les affaires intérieures de sa tribu. » (Lettre citée, p. 251.)
[147]La même information a été recueillie récemment par le lieutenant de vaisseau Hourst (la Mission Hourst, Paris, p. 225, 1897).
[148]Renseignement erroné, que le voyageur a rectifié plus tard (voir plus loin [p. 139]).
[149]Et non en sténographie.
[150]Cette nécessité d’aller chercher des vivres au Soudan n’était pas un fait anormal. L’Aïr ne suffit pas à nourrir la population qui l’habite. « Sans le commerce du sel, dit Richardson, la population se verrait dans l’alternative de périr ou d’émigrer au Soudan. » (A Narrative of a Mission to Central-Africa, II, p. 138).
[151]Les rapports des Kel-Guérès avec les Kel-Ouï d’Aïr sont des plus curieux. « Bien qu’ils soient nominalement les uns et les autres sous la suzeraineté du sultan d’Agadès, ils sont très souvent en guerre, et ne font d’armistice que lorsque leurs intérêts commerciaux l’exigent. Alors les Kel-Ouï apportent le sel de Bilma à Agadès et l’échangent auprès des Kel-Guérès contre les produits du Soudan. Les Kel-Guérès ne restent que peu de jours à Agadès, et retournent ensuite dans leur région de l’Ader. » (E. de Bary, lettre citée, p. 251.)
[152]Ce renseignement n’était pas plus exact que l’autre. Erwin de Bary découvrit plus tard qu’il n’y avait pas eu de successeur, par l’excellente raison que le sultan n’était pas mort. Il avait simplement fait un séjour à Sokoto pour recueillir la succession d’une de ses femmes.
[153]La question de savoir d’où vient l’eau des salines de Bilma est actuellement insoluble.
Rohlfs mentionne un courant souterrain allant d’est en ouest (Quer durch Afrika, I, p. 249). Nachtigal et Monteil ne parlent que d’une nappe abondante, très proche de la surface du sol.
[154]Richardson (A Narrative of a Mission to Central-Africa, p. 117) et Barth (Reisen, I, p. 572) nous ont décrit l’Aïri ou caravane du sel que les Kel-Ouï organisent chaque année pour chercher le sel de l’oasis de Bilma. Mais on n’avait jusqu’ici aucun détail sur l’itinéraire suivi. Barth donne seulement un itinéraire d’Agadès à Bilma, par une route plus méridionale et plus pénible encore, puisqu’on y compte huit jours de marche sans eau (Reisen, I, p. 532).