Hipparchvs. Cela est tout vray ; mais ilz ne taschent point au gaing par lequel ilz puissent estre greués.

Socrates. Appelles tu estre greué quand on encourt en quelque dommage, ou semblable chose ?

Hipparchvs. Ie l’entends seullement quand on repçoit quelque dommage.

Socrates. Mais quoy ! l’homme repçoit-il dommage par augmentation de gaing, ou par dommage mesmes ?

Hipparchvs. Cela se peult faire et par l’vng et par l’aultre ; car il y a tousiours dommage : c’est assçauoir au dommage mesmes, et en vng gaing villain et infame.

Socrates. As tu ceste persuasion en ta teste qu’en vne chose vtile et bonne il se puisse trouuer villennie ?

Hipparchvs. Non.

Socrates. N’auons nous pas conclud n’agueres que l’effect d’vng gaing et dommage (qui ne peult iamais estre que mal) est vne chose totalement opposite et contraire l’vne à l’aultre ?

Hipparchvs. Ie te le confesse.

Socrates. N’auons nous pas aussi arresté que si le gaing est contraire à dommage (c’est à dire chose mauluaise pour l’homme) il s’ensuit necessairement que tout bien abunde en luy ?