Hipparchvs. Ie ne l’entends pas ainsi.
Socrates. Et si ce personnage mesme ne tomboit en inconuenient de maladie par ces viandes, ains qu’il se fust remis en bonne santé par repas, cela te sembleroit il gaing ou dommage ?
Hipparchvs. Gaing.
Socrates. Ce n’est doncq’ pas gaing qu’vne indifferente acquisition de toutes choses ?
Hipparchvs. Non certainement.
Socrates. Maintiens tu que celluy ci ne gaigne pas qui paruient indifferemment à quelque chose, soit bonne ou mauluaise ?
Hipparchvs. Il me le semble.
Socrates. Et que celluy ci aussi ne tombe au dommaige, auquel il aduient quelcque cas, soit bien ou mal ?
Hipparchvs. Mon opinion n’est point aultre.
Socrates. Ne vois pas que tu reuiens à ton premier propos ? car tu m’accordes par ton dire que gaing n’est iamais sans bien, et le dommaige n’est iamais sans mal.