[53] Charles-Robert Leslie, né à Londres en 1794, mort en 1859. Il passa sa jeunesse aux États-Unis. Il fit des tableaux de petite dimension représentant des scènes empruntées aux grands écrivains, Shakespeare, Cervantes, Molière, Walter Scott. On a dit de lui «qu'il excellait à faire les portraits vivants des êtres que le poète avait rêvés». Il exposa à Paris à l'Exposition universelle de 1855.
[54] Francis Grant, né en 1803 dans le comté de Perth, mort en 1878. Walter Scott écrit dans son Journal à propos de lui: «S'il persévère dans cette profession (la peinture),—c'était à l'époque de ses premiers débuts,—il deviendra l'un de nos peintres les plus éminents.» Il se distingua surtout comme portraitiste et fixa l'image de plusieurs illustrations anglaises (J. Russell, Macaulay, Disraeli, Landseer). À l'Exposition universelle de 1855, ses portraits lui valurent la grande médaille.
[55] À propos d'une œuvre de Wilkie (1785-1841), Delacroix écrivait en 1858: «Un de mes souvenirs les plus frappants est celui de son esquisse de John Knox prêchant. Il en a fait depuis un tableau qu'on m'a affirmé être inférieur à cette esquisse. Je m'étais permis de lui dire en la voyant, avec une impétuosité toute française, qu'Apollon lui-même, prenant le pinceau, ne pouvait que la gâter en la finissant.» (Corresp., t. II, p. 192.)
[56] William Hogarth, peintre et graveur, né à Londres en 1697, mort en 1764, est l'auteur d'une longue série de compositions pittoresques et originales qui eurent une vogue immense et qui lui valurent le titre de peintre du roi d'Angleterre.
[57] Cette autre phase, c'est l'École préraphaélite, dont Hunt et Millais, cités plus loin, devaient être deux des plus illustres représentants. Voici, d'une manière générale, quel jugement il porte sur elle, en caractérisant du même coup l'essence intime du génie anglais: «J'ai été frappé de cette prodigieuse conscience que ce peuple peut apporter même dans les choses d'imagination: il semble même qu'en revenant à rendre excessifs des détails, ils sont plus dans leur génie que quand ils imitaient les peintres italiens surtout et les coloristes flamands. Mais que fait l'écorce? Ils sont toujours Anglais sous cette transformation apparente. Ainsi, au lieu de faire des pastiches purs et simples des primitifs italiens, comme la mode en est venue chez nous, ils mêlent à l'imitation de la manière de ces vieilles écoles un sentiment infiniment personnel; ils y donnent l'intérêt provenant de la passion de peindre, intérêt qui manque en général à nos froides imitations des recettes et du style des écoles qui ont fait leur temps.» (Corresp., II. 191.)
[58] William-Holmant Hunt, un des chefs de l'École préraphaélite. À partir de 1850, il se lia avec Millais, et ils furent tous deux les fondateurs de cette école dont le but était de reprendre les traditions de l'art avant la Renaissance. Il avait envoyé à l'Exposition universelle de 1855 trois tableaux: les Moutons égarés, au sujet duquel Delacroix écrira plus loin qu'il «en a été émerveillé» la Lumière du monde, puis Claudio et Isabelle. «Singulier phénomène, disait Théophile Gautier, à propos de cette exposition de Hunt, il n'y a peut-être pas au Salon une toile déconcertant le regard autant que les Moutons égarés de Hunt. Le tableau qui parait le plus faux est précisément le plus vrai.»
[59] John Everett Millais avait envoyé à l'Exposition universelle de 1855 l'Ordre d'élargissent et le Retour de la colombe à l'arche.
[60] Voir t. II, p. 30, en note.
[61] Voir t. II, p. 380, en note.
[62] Voir t. II, p. 381, en note.