Note 102:[ (retour) ] Tous les témoignages relatifs aux Atlantes sont très bien coordonnés dans le chapitre II du livre de M. D'Arbois de Jubainville, sur Les premiers habitants de l'Europe.

Note 103:[ (retour) ] Il faut consulter ici, mais avec une certaine réserve, le chapitre III du même ouvrage.

Mais les immigrants nouveaux qui inondèrent nos contrées au début de l'âge de la pierre polie n'appartenaient pas à une même race et venaient pas tous de la même direction. Concurremment avec les dolichocéphales d'origine libyque, on y constate un courant opposé qui amène du nord et de l'est des populations brachycéphales et mésaticéphales. Les Druides rapportèrent au grec Timagène que les plus anciens habitants de la Gaule se composaient de trois éléments, des autochthones qui avaient été originairement dans un état de sauvagerie absolue, des tribus sorties d'îles de l'Océan Atlantique et d'autres qui étaient venues d'au delà du Rhin [104]. Il est à remarquer que dans les traditions des Grecs sur l'Atlantide légendaire, engloutie dans les flots après avoir fourni des colons aux contrées occidentales du continent européen, il existait sur sa situation exactement la même incertitude que dans les appréciations de la science actuelle sur le point de départ du peuple qui a propagé dans ces mêmes contrées l'usage des dolmens. Pour Solon et Platon [105], l'Atlantide était située en face du détroit des Colonnes d'Hercule et touchait à l'Afrique; pour Théopompe elle appartenait aux régions hyperboréennes.

Note 104:[ (retour) ] Ammian. Marcell., XV, 9.

Note 105:[ (retour) ] Voy. les récits du Timée et du Critias de Platon.

1D'après Ferguson, Rude stones monuments.

Quoi qu'il en soit, les monuments mégalithiques ne se rencontrent pas seulement dans la région européenne des dolmens, région si nettement délimitée, qui va de la Scandinavie au Maroc et à l'Algérie, en embrassant dans son parcours l'Angleterre et la moitié de la France. On en a observé dans certaines îles de la Méditerranée, comme les Baléares et la Corse, où le peuple constructeur des dolmens a pu facilement envoyer des essaims, mais aussi dans la Syrie et la Palestine, dans une portion de l'Asie-Mineure, dans le coeur de l'Arabie, et jusque dans le Turkestan, l'Afghanistan et l'Inde. Il n'est donc pas possible, en présence de ces derniers faits, soigneusement colligés par M. Ferguson dans un livre spécial, de considérer les monuments mégalithiques comme l'oeuvre d'une seule race. Ce sont les monuments d'un âge de développement qu'ont dû traverser une grande partie des différents rameaux de l'espèce humaine, avant d'atteindre une nouvelle étape de progrès. Mais les uns y sont demeurés pendant de longs siècles, tandis que pour d'autres, cet âge a été très court. Le célèbre Temple du Sphinx, à Gizeh en Égypte, marque, comme nous l'avons déjà dit tout à l'heure, la transition du monument mégalithique à l'architecture proprement dite.

Au reste, dans la période néolithique, comme dans les périodes antérieures, les mêmes besoins et l'emploi des mêmes ressources ont produit les plus curieuses ressemblances dans les armes et les ustensiles de pays fort éloignés, qui n'avaient évidemment aucune communication