«Et un type noir.
«On passe de l'un à l'autre type par une série de types intermédiaires, qui représentent des races mixtes. Quoique à certains égards indépendant du climat et de latitude, quoique persistant un laps de temps fort long quand il est transporté en d'autres régions que celle où il est indigène, le type ne peut être considéré comme ayant une origine étrangère à la constitution du pays où il se produit. Au contraire, tout donne à penser aujourd'hui que la race, émigrée sous un autre ciel, revient peu à peu au type propre à ce nouveau climat. C'est ainsi que l'Anglo-Américain tend à se rapprocher du type indien, qu'il perd chaque jour davantage de sa physionomie européenne pour prendre celle des anciens indigènes, avec lesquels il évite pourtant de se croiser; de même le nègre établi dans les contrées froides perd, après plusieurs générations, en partie le pigment noir de sa peau et prend une couleur grisâtre. Ce phénomène nous explique comment les populations aryennes ont pu en Europe revêtir un type tout septentrional. Inversement, les Portugais établis depuis plusieurs générations dans l'Inde, sans se croiser avec les Hindous, ont pris peu à peu, par l'action du climat, la coloration et le type de ceux-ci. Ce phénomène tend donc à faire attribuer un caractère plus géographique que physiologique à la distinction des races.
«Le type blanc semble avoir son berceau dans le plateau de l'Iran, d'où il a rayonné dans l'Inde, l'Arabie, la Syrie, l'Asie-Mineure et l'Europe, circonstance qui a fait donner à la race blanche le nom assez impropre de caucasique.
«Le type jaune existe en Chine depuis la plus haute antiquité; il se présente dans toutes les contrées habitées par les populations mongoliennes; de là l'épithète de mongolique appliquée à la race chez laquelle il s'observe. Cette race s'est répandue, au sud, jusque dans les deux presqu'îles de l'Inde et dans la Malaisie; au nord, elle confine aux régions polaires.
«Le type noir répond à l'Afrique centrale et occidentale, et paraît s'être étendu sous la zone intertropicale, depuis la côte orientale de l'Afrique jusqu'en Australie.» Son centre primitif de formation a peut-être été dans une partie de l'Inde ou vers l'Éthiopie asiatique des anciens, le Beloutchistan actuel. C'est ainsi qu'on s'expliquerait le mieux le double courant divergent de migration qui a répandu les populations de ce type, d'un côté en Afrique, de l'autre dans l'Inde méridionale, dont les traditions semi-historiques conservent le souvenir de peuples noirs, dans les Philippines, où nous rencontrons les Negritos, dans la Papuasie et dans une portion de l'Océanie, dans celle qu'on appelle spécialement la Mélanésie.
Les nègres du type le plus caractérisé ont le crâne allongé, comprimé, étroit surtout aux tempes. L'os de la mâchoire supérieure se projette en avant, par cette disposition que les naturalistes appellent prognathisme; de là les traits les plus saillants du visage de la race noire, le peu de saillie du nez, son épatement à l'endroit des narines et le développement exagéré des lèvres. Les cheveux sont noirs, courts et crépus, le système pileux en général très peu développé, ce qui se remarque aussi chez les différents mammifères des pays qu'habite le nègre. Avec quelques particularités dans la forme du torse et une courbure sensible des jambes, ce sont là les caractères essentiels et distinctifs de la race noire, bien plus que la couleur, car il est tel peuple de race blanche, comme les Abyssins, à qui un long séjour dans l'Afrique équatoriale a donné une teinte de peau tout aussi foncée.
Le crâne de la race jaune présente une forme arrondie; l'ovale de la tête est plus large que chez les Européens. Les pommettes sont fortement saillantes, les joues relevées vers les tempes; par suite, l'angle externe des yeux se trouve élevé, les paupières comme bridées et à demi-closes. Le front s'aplatit au-dessus des yeux. Le nez est écrasé vers le front, le menton court, les oreilles démesurément grandes et détachées de la tête. La couleur de la peau se montre généralement jaune et tourne au brun dans certains rameaux. Les poils sont durs et presque constamment noirs comme les yeux.
Quant à notre race blanche, elle est avant tout caractérisée par la beauté de l'ovale que forme sa tête. Les yeux sont horizontaux et plus ou moins largement découverts par les paupières; le nez est plus saillant que large; la bouche est petite ou modérément fendue, les lèvres sont assez minces. La barbe est fournie, les cheveux longs, lisses ou bouclés, et de couleur variable. La peau, d'un blanc rosé, a plus ou moins de transparence, selon le climat, les habitudes et le tempérament. Sous le rapport intellectuel et moral, la race blanche a une supériorité marquée sur les autres. C'est parmi les peuples qui y appartiennent que nous rencontrons, depuis une haute antiquité, le plus grand développement de civilisation et les tendances les plus progressives.
1D'après Prichard.