Peut-être faut-il joindre à ces trois types, comme celui d'une quatrième race fondamentale de l'humanité, le type rouge, propre à l'Amérique, où il s'est certainement constitué. Nous avons indiqué déjà plus haut les principaux traits qui distinguent le visage de l'homme de ce type, très voisin dans sa construction osseuse du type blanc, mais s'en distinguant par la couleur, toujours d'un brun rouge ou cuivrée, avec plus ou moins d'intensité dans le ton, puis par la rareté du système pileux, car toutes les populations américaines ont les cheveux rares et courts, et sont imberbes.
On ne saurait déterminer toutes les variétés sorties des innombrables mélanges opérés entre les trois races primordiales, ou dues à l'action combinée des influences sous lesquelles chacune de ces trois grandes races a pris naissance. Quelques-unes ont cependant des caractères spécifiques assez tranchés, assez permanents pour constituer des sous-races particulières.
La race boréale, qui embrasse toutes les populations habitant au voisinage du cercle polaire arctique, et qui est intermédiaire entre les races blanche et jaune. C'est à cette race, nous l'avons vu plus haut, qu'appartenait une partie des habitants de notre contrée à l'époque quaternaire, les tribus qui ont laissé leurs vestiges bien caractérisés à Grenelle, sur les rives de la Seine, et à Furfooz en Belgique;
La race altaïque ou ougro-japonaise, qui est sortie du même métissage de blancs et de jaunes et qui présente une série continue de transitions graduelles entre ces deux types extrêmes; la race boréale n'en est presque qu'une exagération, et par quelques-uns des peuples qui la constituent, comme les Lapons, la race altaïque arrive à la toucher d'une manière intime; les Samoyèdes, plus boréaux de type et de demeure, forment le lien et la transition entre les deux; ce sont surtout le langage et l'habitat qui constituent à la race altaïque une individualité pleinement distincte de celle de la race boréale; on serait assez disposé à les envisager comme deux branches d'une même famille humaine que des milieux divers ont différenciées [122], mais qui sortiraient originairement d'une seule souche;
Note 122:[ (retour) ] Il faut remarquer, en effet, combien le type des Yakoutes, qui sont pourtant de sang turc pur, c'est-à-dire altaïque, est devenu celui de la race boréale dans leur séjour sur les bords de la Léna, touchant à la mer Glaciale.
La race malayo-polynésienne, qui participe à la fois des types nègre, mongolique et blanc, et dont le domaine s'étend, de chaque côté de l'équateur, depuis Madagascar jusqu'en Polynésie;
La race égypto-berbère, qui a peuplé le nord et le nord-est de l'Afrique; elle participe des races blanche et noire, et présente un grand nombre de variétés où l'un ou l'autre élément est prépondérant;
La race hottentote, de l'extrémité méridionale de l'Afrique, qui se place entre la race nègre et la race jaune;
La race noire pélagienne, dont les Papous, les Negritos et les Australiens sont les principales variétés; on peut la considérer comme une branche de la race nègre, distinguée par sa brachycéphalie, tandis que les noirs africains sont éminemment dolichocéphales.