2o D’un babouin de forte taille, aussi méchant que vicieux. L’être le plus haïssable que je connaisse.
3o D’une ourse brune et énorme, cachant sous une apparence bonasse un penchant féroce à la farce la plus cruelle.
4o Du tamanoir Samuel Clarke, grosse bête poilue et formidablement onglée qui a une grande queue traînante et une dégoûtante langue pareille à un ver noir qui se promènerait.
5o De l’hippopotame déjà signalé, peu existant en dehors de sa baignoire.
6o D’un kanguroo sauteur et dément, qui me cause des angoisses mortelles et des maux de cœur épouvantables par la façon qu’il a de s’élancer tout à coup d’un bout à l’autre de l’espace en me heurtant exprès pour me faire osciller, ce qui l’amuse.
7o De la chèvre qui s’appelle Angèle.
8o D’un boa constrictor qui est ma croix personnelle et sur lequel je reviendrai tout à l’heure.
9o D’un tatou, espèce de petit cochon à écailles et sans pattes qui, parfois, sort spasmodiquement d’une crevasse de rochers et y rentre tout de suite.
10o D’un vautour gypaète, hideux monstre à l’œil bleu pâle couvert d’une taie, et au col chauve et pelé.
Il y a en plus de ces principaux habitants du domaine une foule d’autres créatures moindres, soit comestibles et domestiques — lapins, cochons d’Inde, poules, pigeons, etc., soit sauvages — oiseaux-mouches, colibris, flamands, lézards, et insectes de toutes sortes, parmi lesquels je citerai une nuée de moustiques stridents et enragés qui piquent par les deux bouts et ne contribuent pas peu à nous rendre la vie intolérable.