12 janvier. — Le vent est nul. Nous avançons. De mauvaises pensées nous assaillent à regarder cette mer uniforme qui ne finit jamais et ce ciel désert sous son rideau troué… Et des bruits étonnants flottent et répercutent dans nos oreilles des voix que nous savons…


Maintenant, il y a dans ce brouillard si puissant qui nous enserre, des faces pour nous contempler et s’évanouir… Une fut spécialement odieuse, qui se traîna des heures à notre suite. Apparence aux cheveux blancs…


Il y a une morne indifférence autour de nous. Le jour et la nuit ont fini d’être… Une ombre progressive descend d’heure en heure… A présent, je ne trouve plus ce qui nous a menés ici.

Je connais que nous ne sortirons plus de ces vapeurs accablantes et que, dans cet océan illimité, qui ne conduit à rien d’autre qu’à lui-même, il n’y a rien. Et cela m’est égal. Je sens que mon âme a changé et, aussi, sans doute, celle de mes compagnons.


15 janvier. — Un péril nouveau nous a contraints à l’énergie et à l’effort pour sauver notre vie… Dans l’obscurité indécise, au loin, vers l’horizon, il y avait deux lueurs blanches et jumelles, d’une intensité variable mais toujours croissante. On reconnut que c’était deux volcans séparés par un chenal peu large.

Pingouin bondit sur le pont.

— Debout, cria-t-il. Préparez-vous. Il faut passer entre les volcans. C’est la seule route !