Lundi 20. — Je suis malade. La viande crue que je mange me cause des perturbations intérieures. Dans ma position, c’est terrible. Que le ciel me pardonne, mais je commence à souhaiter la mort…

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M. le sénateur Truie vient de se révolter contre son bourreau. Il tenta de le gifler, se roula par terre et rua. Il l’insultait en même temps.

— Babouin ! crapule ! concussionnaire ! sénateur ! criait-il.

Le quadrumane vexé le mordit cruellement.


Mardi 21. — L’obstiné constrictor pend toujours à mon cou. Excédé par son poids, la chaleur intense et mes souffrances, j’ai à peine la force d’écrire. D’étranges visions traversent une veille encauchemardée. Le vautour vient de se poser sur ma tête. Il battit des ailes, me lança un jet de guano dans le cou, me donna un bon coup de bec sur l’oreille gauche et me dit :

— Tu es un rigolo, toi, c’est pour ça que je t’aime !

Puis il s’envola. Je n’ai pas la force de méditer sur ce bizarre incident. Je dors, je rêve, je veille, je souffre. Je ne vois plus mes compagnons d’infortune. C’est à peine si je suis vivant.