— Et puis, un long saignement de nez venu pour m’affaiblir encore… Et puis, tout…
Et puis, toujours et par-dessus tout, la plainte monotone et déchirante de M. Truie gâteux, supplicié… Vraiment, oh ! vraiment, je tourne des regards de tendresse vers la mort libératrice !
Lundi 27. — Je crois que nous touchons à la fin de nos maux. Pardonnez-moi, Seigneur, pendant que je me livrais à un impie désir de trépas vous prépariez les voies pour notre délivrance. Cette fois, je le pense, nous ne serons pas déçus ; mais je n’ai plus la force de m’enthousiasmer, d’espérer même avec quelque ardeur. Tant de fois je l’ai fait en vain…
Des propositions de paix pourtant nous sont faites positivement… L’on aurait bien dû commencer par là au lieu de nous laisser souffrir mille morts pendant si longtemps et de couvrir de ridicule le monde civilisé tout entier par tant d’attaques infructueuses où se montrèrent impuissantes toutes les forces des sciences civiles et militaires… Ne récriminons cependant pas ; mais remercions le bon Dieu et racontons les faits.
Ce matin, par l’entremise du garçon boucher nous furent transmis, en même temps que notre ration de viande, un pli ministériel et un télégramme venu de Londres. L’Homme sauvage ouvrant le télégramme le lut avec une calme satisfaction.
Comme il était en dessous de moi et que j’ai, Dieu merci, conservé sur mon nez, malgré tous les tourments, mes excellentes lunettes, je pus lire par-dessus son épaule.
Voici la teneur de ce télégramme :
Londres 27-6-19-22-33.