Notre retour alors, à grande vitesse, notre heurt contre la vérandah, si violent que la maison cette fois chancelle avec un craquement sinistre et que toutes les vitres se brisent, nous laissant voir M. Truie, assis par terre auprès de son baobab, et couvrant de baisers et de larmes le tatou qu’il tient dans ses bras.

Zéphirin se précipite et les rapporte. Il est temps. L’immeuble portant le numéro 3 du quai Bois l’Encre, derrière lui, s’écroule en un confus décombre, une indescriptible ruine.

Nous repartons. Le babouin, grinçant des dents, ressaisit sa victime que l’Homme sauvage, soucieux de la foi jurée, décide d’abandonner sur le toit du ministère du Commerce qui nous offrira aussi une surface commode pour rectifier notre arrimage dérangé.

Nous y sommes en ce moment même. L’on a débarqué Truie qui ne veut plus nous quitter, pour le lier à une cheminée. Cela me suggère une idée magnifique :

Je vais lui attacher au cou le présent carnet. Il est plus que gâteux et ne saura même pas ce que c’est. Mon œuvre ainsi sera en sûreté et parviendra à la postérité…

Je prépare la ficelle et amarre le précieux document que je complète d’un crayon hâtif. Nous allons quitter le toit. Truie agite vers nous ses mains comme un petit enfant et, tout pleurant et bavant, bégaie :

— Au revoir… au revoir…

— Le revoir ? — Ah ben non, crottin ! proteste Panaris qui regagne la machine.

Je marche sur ses pas… C’est la fin…

Adieu, cruelle patrie, tu ne sais pas ce que tu perds en moi…