— Si. Il faut y aller. Tâche de réussir. Il faut trouver la Toison d’Or, n’importe comment… Tonnerre de Dieu, j’aurais aimé y aller, tout de même ! Enfin, pense au plan. J’ai eu tort de le prendre ; j’aurais dû le laisser au navire…

Cependant, le parlementaire de la douane se mit à nous haranguer.

Il prononça un discours sur le devoir, l’horreur de la rébellion, la miséricorde du gouvernement.

Il nous fit remarquer qu’il ne fallait pas songer à nous défendre. Il finit, en nous disant que nous étions tous au ban du monde entier et condamnés à mort, mais qu’il nous proposait, pour éviter l’effusion du sang, de nous laisser libres si nous consentions à lui livrer notre capitaine, Julius Pingouin.

— Sacré nom ! hurlai-je.

— Chinois ! grogna le Rempart, si je te tenais…

Pingouin réfléchit un instant, puis nous dit :

— Je n’ai pas le droit de vous faire tous tuer pour moi, je vais me livrer…

— J’irai avec vous. J’aime mieux crever que de vous lâcher, m’sieur Pingouin, riposta le Rempart.

— Je casse la tête au premier qui bouge, déclarai-je.