— Voyons, Pingouin, ça n’est pas sérieux, dit le docteur, avec reproche.
— On d’mande pas ça à des hommes comme nous, déclara Binaire.
Et tous les autres étaient du même avis.
— Nous refusons, enfant de macaque, espèce de flic aquatique ! hurla le Rempart — et, si tu étais plus près, je t’apprendrais à insulter les personnes, avec des crachats sur ta sale figure !
— Très bien, dit l’officier, rouge de colère, nous allons en finir.
Mais alors, nous écarta et se montra en avant de nous, le pasteur norwégien Gustav J. K. S. Heysbergch Tantsticktor. Il agitait son mouchoir. Il marchait la tête nue, calme, en plein soleil. Ses vêtements noirs pendaient autour de lui et ses cheveux blonds étaient rejetés en arrière. Il s’arrêta et parla aux douaniers.
— Militaires très honorifiques, dit-il, il ne faut pas, car cela n’est pas le juste. Voilà que vous êtes en nombre de cent et beaucoup plus, et eux, huit en tout. Ils n’ont rien fait avant que le premier attaquement jadis, les excite. Et, maintenant, celui-là que vous voulez être livré, est un qui mesure les plus antiques.
Songez que le saignement reviendra contre vos descendances et que vous serez une journée devant le grand Dieu qui est terrible dans son furie. Et, devant Lui, il n’y aura ni galonnement, ni honneurs, ni mensonges, ni prévariquements, ni excuses, mais rien que les âmes à vous, toutes sans habits et dans le nudité véritable. Donc, je vous dis fortement : Retirez-vous et laissez eux rejoindre son occupation sans qu’il y ait massacrage…
Ainsi, il parlait. Mais alors, dans les rangs des douaniers, je ne sais quelle brute qui aurait mérité qu’on la brûlât toute vive fit feu sur le pasteur Tantsticktor et l’atteignit en pleine poitrine. Le pasteur tourna sur lui-même et tomba en criant :
— Seigneur grand Dieu, je suis mourru ! Il fit un soubresaut encore et expira.