[215] Guillaume Ier, prince de Nassau-Orange, grand-duc de Luxembourg, né le 24 août 1772, se proclame prince souverain des Pays-Bas le 6 décembre 1813, roi des Pays-Bas le 16 mars 1815. Guillaume Ier abdiqua le 7 octobre 1840 en faveur de son fils Guillaume II et mourut le 12 décembre 1843 (Almanach de Gotha.Biographie nationale publiée par l'Académie royale, Bruxelles, Braylant-Christophe, t. VIII, p. 511).—En 1793, le prince Clément de Metternich avait été nommé ministre d'Autriche à la Haye, auprès du stathouder Guillaume V, père du roi Guillaume Ier, mais la révolution ne lui avait pas permis de remplir ces fonctions.

[216] Stewart (Charles-William), né le 18 mai 1778, frère puîné de Lord Castlereagh. Suivit d'abord la carrière des armes, dans laquelle il parvint au grade de lieutenant-général, le 4 juin 1814. Sous-secrétaire d'État à la guerre de 1807 à 1808. Son frère le nomma, le 9 avril 1813, ministre d'Angleterre à Berlin. Le 27 août 1814, il fut désigné comme ambassadeur à Vienne et conserva ces fonctions jusqu'à l'arrivée de Canning au pouvoir en 1822. Créé baron le 1er juillet 1814, il devint marquis de Londonderry par la mort de son frère (12 août 1822). Il se maria deux fois, d'abord, le 8 août 1808, avec une fille du comte Darnley qu'il perdit le 8 février 1812, puis, le 3 avril 1819, avec Frances-Anne, fille de Sir Harry Vane-Tempest. Il mourut à Holderness House, Londres, le 6 mars 1854 (Dictionary of National Biography, t. LIV, p. 278.—Sir Archibald Alison, Lives of the Lord Castlereagh and Sir Charles Stewart).

[217] Golovkine (George Alexandrovitch), né en 1762, arrière-petit-fils de Gabriel Golovkine, chancelier de Pierre le Grand. Chambellan de l'empereur de Russie, sénateur président du département du commerce (1801). Il fut envoyé en 1805, à la tête d'un nombreux personnel, en ambassade auprès de l'empereur de Chine, mais il ne put parvenir jusqu'à Pékin. A la suite de cet échec, il resta plusieurs années sans recevoir de missions diplomatiques importantes. En 1818, il était conseiller privé et ministre de Russie à Stuttgart, lorsqu'il fut chargé d'une mission extraordinaire à Vienne, puis nommé ministre plénipotentiaire dans cette même ville. Il entra au Conseil de l'Empire en 1831 et mourut en 1846 (Comte Fédor Golovkine, La Cour et le Règne de Paul Ier, p. 50 à 65.—Recueil de la Société impériale de Russie, t. LX, Liste alphabétique de noms de personnages russes, etc., p. 165.—Ermerin, Annuaire de la noblesse russe, 1re année, 1889, p. 272.—A. Polovtsoff, Correspondance diplomatique des ambassadeurs de Russie en France et de France en Russie de 1815 à 1830, t. II, p. 882).—Mme du Montet (Souvenirs, p. 182) parle de lui en ces termes: «Le comte G. qui est allé jusqu'à la Grande Muraille de Chine et qui use avec infiniment d'esprit du privilège qu'ont les voyageurs qui reviennent de loin.»—Dolgoroukov (Mémoires, t. I, p. 116) le traite de «grand hâbleur».

[218] Au sujet des projets de M. de Metternich pour faire nommer M. de Lieven ambassadeur à Vienne, voir Conclusion.

[219] Le comte de Wallis, ministre des finances, qui venait de mourir (voir p. 55), avait déjà dû réduire au cinquième la circulation du papier-monnaie (lettres patentes du 29 octobre 1816).

En 1816, M. de Metternich avait été nommé président d'une commission consultative, composée d'hommes compétents pour mettre fin aux inconvénients résultant du système financier suivi jusqu'alors (Mémoires du prince de Metternich, t. III, p. 12).

[220] Le prince de Metternich à sa femme. Aix-la-Chapelle. Ce 10 octobre. «Je vous ai informé dernièrement de notre plan de voyage pour l'Italie. L'Empereur compte quitter Vienne entre le 10 et le 15 février. Il passera les derniers jours du carnaval à Venise; les quatre premières semaines du carême à Naples; la dernière quinzaine et la semaine de Pâques à Rome; trois semaines en Toscane; trois dans la Lombardie; ce qui le ramènera à Vienne vers la mi-juillet.» (Mémoires du prince de Metternich, t. III, p. 127).

[221] C'est-à-dire l'ordre concernant les déplacements de l'Empereur pendant l'année 1819.

[222] Le Tsar et Metternich s'étaient brouillés pendant le Congrès de Vienne. Par la Convention de Kalisch, Alexandre et le roi de Prusse avaient décidé entre eux la création d'un royaume de Pologne et l'attribution du royaume de Saxe à la Prusse. L'Autriche s'opposa vivement à cette dernière annexion. L'empereur de Russie en ressentit un violent dépit contre le prince de Metternich, qu'il voulut un instant provoquer en duel (Mémoires du prince de Metternich, t. I, p. 206 et 325 et t. III, p. 126).

[223] Moniteur universel du jeudi 31 décembre 1818, no 365, p. 1517. «Vienne, 16 décembre.—La nouvelle de la mort du grand-duc de Bade, arrivée ici samedi, a beaucoup affligé l'empereur Alexandre. Ce monarque ne parut pas au théâtre dimanche, comme il se l'était proposé. Il dîna ce jour-là avec la famille impériale; le prince de Metternich, le baron de Helzebrun, ministre d'Autriche en Russie, et le comte de Golowkin, ministre de Russie à Vienne, eurent l'honneur d'être admis au repas. L'Empereur ne s'est pas encore montré au public. Demain il y aura revue au Prater... L'empereur Alexandre se rendit hier dans la caserne du régiment d'infanterie qui porte son nom, le fit sortir et en passa la revue.»