—Bernard et Janik s’aimaient! Comme ils gardaient bien leur secret!... Et Pierre qui se sacrifie, c’est superbe! Marions ces enfants, docteur: quel joli roman!

Telles ont été les conclusions de l’incorrigible Armelle.

Maintenant, Bernard attend dans le salon jonquille. Il a vu mademoiselle de Kérigan, il a vu M. Le Jariel, et Janik va venir.

Elle va venir et il se le figure à peine. Son bonheur l’étonne comme quelque chose de trop anormal pour être vrai. L’émotion a décomposé son visage; les yeux pleins d’extase, il la voit s’avancer vers lui, elle, la petite mère-grand.

Elle chancelle, brisée par une joie trop forte, un peu pâle dans sa robe rose, souriante, avec des larmes au bord des paupières...

Et Bernard la regarde toujours, sans faire un pas au-devant d’elle. Comme autrefois, dans la chambre de la tourelle, il croit à une vision...

Quand elle fut tout près de lui seulement, il prit les deux mains qu’elle lui tendait et les enferma dans les siennes qui brûlaient.

—Bernard... dit-elle très bas, la voix douce.

—Janik... ah! si vous saviez ce que j’ai souffert!

—Je le sais.