La voix sifflante, saccadée, s’évanouit brusquement dans un soupir qui ressemblait à un râle.

Assis tout droit sur son lit, les mains crispées, les yeux hagards, Nohel regardait, affolé, dans toute la chambre.

Il eut une hallucination étrange.

Dans la traînée de jour pâle qui glissait sur le tapis par l’entre-bâillement des rideaux croisés, la petite mère-grand, descendue de son cadre, s’avançait à pas légers.

Oui, c’était bien elle! C’était la robe rose à rubans vert pâle; c’étaient les cheveux blonds et crêpelés relevés en boucles sur la tête; c’étaient la bouche sérieuse et le petit cou blanc, souligné d’un velours noir...

Seulement, le gracieux visage avait perdu son incarnat et les yeux bleus s’étaient voilés.

Le jeune homme contemplait le fantôme.

Maintenant l’aïeule jolie était près du lit, relevant les oreillers affaissés et disant, de cette manière tendre qu’on prend pour consoler les enfants:

—Non, vous ne mourrez pas... Je ne veux pas que vous mouriez... J’en aurais beaucoup de chagrin, moi... Ne parlez pas, essayez de dormir...

Il répondit faiblement, d’une voix gémissante de malade, en s’abandonnant sur la toile rafraîchie!