—N’ayez pas peur, je vous en prie, monsieur de Nohel... Je ne suis pas un fantôme, je suis Jeanne de Thiaz, Janik, votre cousine, voilà tout!

—Jeanne de Thiaz! murmura-t-il... Oh! pardon, mademoiselle... je suis plus faible qu’un enfant.

Il essayait de sourire, et il regardait la jeune fille, tout en pensant au portrait de l’aïeule qui riait dans son cadre Empire.

—Ne vous excusez donc pas, reprit la petite voix claire. Un malade qui s’évanouit, rien de plus naturel. Mais je suis désolée, moi!

Doucement, Bernard avait pris des mains de Janik le mouchoir imbibé de vinaigre, et il se le passait lui-même sur les lèvres et sur le front.

—Êtes-vous mieux maintenant?

—Mieux, beaucoup mieux... merci...

—Vous voilà moins pâle, c’est bon signe!

Il y eut un silence. Maintenant, Bernard détaillait curieusement le costume d’aïeule de Jeanne... Était-ce bien un costume d’ailleurs?

Les modes modernisées de l’Empire et du Directoire étaient en grande vogue, et, depuis plus d’un an, Bernard avait rencontré dans les rues de Paris quantité de jeunes filles dont les robes longues, les hautes ceintures et les manches bouffantes ne l’avaient nullement surpris.