—Il ne m’a jamais honoré de ses confidences.

—Tant pis, mon cher Bernard... Ah! c’est mon romancier de prédilection!... Mais je ne le permets pas à Janik... c’est tout au plus si elle a lu un ouvrage et quelques vers de lui... Ces livres-là sont perfides comme le péché!

Janik cousait sous la lampe. Silencieuse, elle souriait d’un sourire doux, presque indulgent, aux enthousiasmes de sa tante.

—Si tu t’en allais un instant prendre le frais sur la terrasse, ma mignonne, mademoiselle Louise pourrait me lire le dernier chapitre de Juliane, fit soudain la vieille demoiselle. Je suis si anxieuse du dénoûment! Vous permettez, Bernard?

—Oh! tante Armelle!...

Docilement, mademoiselle de Thiaz gagna la terrasse et Bernard l’y suivit.

Le vent s’apaisait. La nuit était très bleue, criblée d’étoiles. La jeune fille s’accouda, rêveusement, à la balustrade enguirlandée de vigne-vierge.

Tout se taisait autour d’eux, sauf la voix basse de la mer. Bernard demanda:

—Que pensez-vous de Jacques Chépart, Janik?

Alors, elle tressaillit, arrachée à elle-même.