—Je n’aime pas Pierre Le Jariel... et vous le savez bien.
—Bah! vous l’aimerez vite... s’il vous aime! Et comment pourrait-il ne pas vous aimer?
Janik secoua la tête, et, très bas:
—Je ne l’aimerai jamais... murmura-t-elle.
Elle se tut subitement et fit un pas, pour s’enfuir... Bernard la prévint. Soudain une anxiété terrible se peignit dans les yeux du romancier.
—Pourquoi ne l’aimerez-vous jamais? pourquoi? je veux le savoir? interrogea-t-il fiévreusement.
Mademoiselle de Thiaz ne pouvait plus répondre, les mots se glaçaient dans sa gorge. Ses deux mains se crispèrent sur sa poitrine, sa tête vacilla, tout son corps fléchit.
—Je ne sais pas... balbutia-t-elle d’une voix mourante, sentant que cette phrase était une défaite.
Mais, dans un appel de suprême détresse, instinctivement ses yeux avaient parlé...
—Vous ne savez pas, mais je sais, moi... oh! enfin, je sais!...