—Ah! tenez, c’est vous qui êtes sans pitié dans votre irréductible héroïsme... Je pleure à vos pieds et vous n’avez pas un mot de consolation pour moi!...

Mademoiselle de Thiaz se leva. Le feu de ses joues avait séché ses larmes. Debout, à quelques pas de Nohel, elle resta silencieuse, un moment, dans une sorte de recueillement; puis, fermement, elle regarda le jeune homme.

—Quel mot ai-je le droit de vous dire qui puisse vous consoler? dit-elle.

Bernard s’était laissé tomber sur le canapé, la tête dans ses mains.

—Ah! permettez-moi de mourir au moins... gémit-il.

—Non, répondit-elle, maternelle et tendre, comme au temps où elle était encore la petite mère-grand du portrait. Non, Bernard, il faut vivre, il faut lutter, il faut travailler!

Et, dans un cri où sa douleur à elle se révélait, immense, elle ajouta:

—Je vivrai bien, moi!

Elle allait quitter la pièce, quand la porte s’ouvrit inopinément devant M. Le Jariel. Les yeux scrutateurs du vieux médecin glissèrent de Janik à Bernard. Sans proférer une parole, il serra la main de la jeune fille et s’effaça pour la laisser sortir; puis se tournant vers Nohel:

—Eh bien, mon cher monsieur, que m’apprend mademoiselle Armelle? Vous refusez les invitations de votre docteur?