Elle semblait épuisée, elle parlait de retourner au château, avec un air de ne plus avoir la force de se lever... Saisi d’une profonde pitié, ému d’une tendresse toute protectrice qui lui revenait des jours d’autrefois où il disait «petite sœur», Pierre s’assit auprès de la jeune fille.
—Janik, supplia-t-il, voulez-vous me pardonner? J’ai été injuste, j’ai été méchant, mais c’est fini, je vous le promets... seulement, ayez confiance en moi.
Il lui avait pris les mains, il la contemplait avec ses yeux fidèles et indulgents des bons jours.
—Mon Dieu, que puis-je vous dire?... Pierre, ne me torturez pas ainsi, gémit-elle.
Et, très énervée, elle se mit à pleurer.
—Janik, je vous jure que je ne songe en ce moment qu’à vous, à votre bonheur... Il y a bien des jours que je vous observe... oui, je sais, vous ne vous en doutiez pas... mais, j’ai compris beaucoup de choses... d’abord j’ai compris que vous ne m’aimez pas, Janik?
—Pierre!
—Oui, oui... entendons-nous bien, je suis toujours dans votre cœur le petit Pierre fraternel avec lequel vous faisiez de si beaux jeux... mais votre fiancé, oh! non!
Elle ne répondit pas, il reprit:
—J’ai compris cela, et puis encore autre chose... Il y avait une si grande douleur dans vos yeux!... Janik! ma pauvre petite Janik, ajouta-t-il avec une sorte de précaution tendre, j’ai compris que vous en aimiez un autre.