[170] B. G. O., févr. 1893, p. 689-690.
[171] B. G. O., août-sept. 1894, p. 170-183 et 218-223. En 1893, on avait discuté s’il suffirait ou non, pour soustraire le Bulletin au dépôt légal, d’enlever le point de couture et la brochure. (B. G. O., août-sept. 1893, p. 549-550.)
[172] C. R. G. O., 20-25 sept. 1897, p. 113.
[173] C. R. G. O., 20-25 sept. 1897, p. 184-193, passim.
[174] Le Silence et le Secret, Paris, Pedone, 1899.
Il paraît résulter des débats des derniers convents que deux courants existent dans l’ordre maçonnique : les uns ont la passion du secret, et c’est le cas habituel pour les membres du Conseil de l’Ordre ; les autres commencent à sentir le goût d’une certaine parade en public ou le besoin d’une constitution moins oligarchique ; et les convents, le plus souvent, donnent raison aux premiers contre les seconds. En 1894, MM. Poulle, Lucipia, Pochon, de Heredia, Delpech, Dequaire, proposent de faire reconnaître le Grand Orient comme société d’utilité publique : « Nous avons des maçons au Sénat, à la Chambre, au Conseil d’État, déclare M. Poulle ; on peut tenter la chose[175] » : mais la commission des vœux redoute « l’ingérence du gouvernement dans les affaires maçonniques[176] », et la proposition est enterrée. En 1897, M. le colonel Sever réclame une délégation permanente des loges, qui surveillerait le Conseil de l’Ordre et le groupe maçonnique de la Chambre : il explique qu’il y a deux conceptions de la maçonnerie : ou bien elle doit se terrer, ne pas se montrer, agir individuellement par chacun de ses membres ; ou bien elle doit s’afficher toujours et partout, tenir haut et ferme son drapeau, ne se point dissimuler, faire bloc au contraire ; et le convent, par 223 voix contre 30, évince M. Sever et marque ainsi ses préférences pour l’occultisme politique[177]. Vous avez peur, leur crie en substance le colonel : « Supposer qu’on pourrait fermer nos temples sous la République, c’est là une idée que nous ne pouvons pas avoir[178]. » Mais le convent se rappelle les propos d’un juriste, M. Poulle, conseiller à la Cour de Poitiers, qui disait, en 1894 : « Le chef de l’État (Napoléon III), par un décret, nomma le maréchal Magnan grand-maître du Grand Orient. Nous sommes donc autorisés… Il est vrai que le chef de l’État actuel peut supprimer cette autorisation, et, avec sa simple signature et celle d’un ministre, fermer toutes les loges… Nous ne sommes que des tolérés[179]. »
[175] B. G. O., août-sept. 1894, p. 216.
[176] B. G. O., août-sept. 1894, p. 211.
[177] C. R. G. O., 20-25 sept. 1897, p. 118-146, notamment 121-122.
[178] C. R. G. O., 20-25 sept. 1897, p. 153.