Nouveau ricanement approbatif. Une des jeunes filles intervint.

«Avez-vous faim, Rooibaatje?» demanda-t-elle à John, en anglais.

John écumait de rage, mais en même temps il tombait d'inanition; il répondit: «Oui».

«Attachez-lui les mains derrière le dos; nous verrons s'il peut attraper dans la bouche comme un chien, suggéra l'un des deux jeunes gens.

—Non, non! Faites-lui manger de la bouillie avec une cuiller de bois, comme un Cafre. Je le ferai manger, si vous avez une cuiller très longue.»

Après discussion, il y eut un compromis. On lui jeta du pain et du jambon, de l'autre bout de la pièce; il fut assez adroit pour les saisir au vol et commença son repas, en s'efforçant de dissimuler sa faim dévorante, aux spectateurs assemblés autour de lui.

«Carolus», dit tout à coup la vieille dame, au sardonique fiancé de sa fille, «il y a trois mille Rooibaatjes dans l'armée anglaise, n'est-ce pas?

—Oui, ma tante.

—Il y a trois mille hommes dans l'armée anglaise», répéta-t-elle avec irritation, comme si quelqu'un l'avait contredite.

«Parfaitement, ma tante, dit encore Carolus.