Tom, ce jour-là, travailla à côté de la mulâtresse achetée avec lui. On voyait qu'elle souffrait beaucoup: elle tremblait et semblait à chaque instant prête à défaillir. Tom l'entendit prier. Il s'approcha d'elle sans dire une parole, et tirant de son propre sac quelques poignées de coton, il les fit passer dans le sac de la pauvre femme.

«Non! non! ne faites pas cela, disait la femme.... cela vous attirera quelque désagrément.»

Au même moment Sambo arrivait.

Il détestait cette femme. Il brandit son fouet, et d'une voix rauque:

«Eh bien! Lucy, je vous y prends.... vous fraudez!» Et il lui donna un coup de pied; il avait de grosses chaussures de cuir de vache. Quant au pauvre Tom, il lui sangla le visage d'un coup de fouet.

Tom reprit sa tâche sans rien dire; mais la femme, épuisée, émue, s'évanouit.

«Je vais bien la faire revenir, dit brutalement Sambo,... j'ai quelque chose qui vaut mieux pour cela que le camphre....» Et prenant une épingle sur la manche de sa veste, il l'enfonça jusqu'à la tête dans la chair de cette malheureuse.... Elle poussa un gémissement et se leva à moitié.... «Debout! sotte bête, et travaillez!... entendez-vous?... ou je recommence!»

La femme parut un instant aiguillonnée par une énergie nouvelle.... elle avait une force surnaturelle.... elle travaillait avec l'ardeur du désespoir....

«Tâchez de ne pas vous interrompre, fit Sambo, ou je vous traite de telle sorte que vous aimerez mieux mourir!

—Je le sais bien!» murmura-t-elle.