—J'ose à peine dire oui…

—Plus tard…

—Mais pourquoi?

—Tu le sais bien! J'ai de l'indulgence, de la bonté, ce soir. Tous tes jours, le remords me serre au coeur, mais il y a des heures—j'ai honte de t'avouer cela—quand je me retrouve au milieu de mes affaires, dans le train de la besogne, de la distraction, quand je redeviens Gaspard Fontaine le millionnaire et que je me sens moins son père, il y a des heures où j'ai souvent contre lui de la fureur sourde et de la rancune. Cela diminue, mais il en reste encore. Mais oui, c'est le premier jour où je ne l'ai pas offensé, pas du tout! Ah, j'espère que c'est fini! comme ça fait du bien!…

—Ce sera demain…

—Plus tard… Je le reverrai quand j'aurai plus souffert, quand j'aurai le droit de ne plus Rougir…

—Eh! bien, moi, je le verrai demain! Je ne l'ai vu qu'une fois depuis son mariage, j'ai refoulé le besoin d'aller vers lui, je lui aurais tout dévoilé: quelle honte! Ah non, je ne peux pas lui confier ma douleur!

—Vas-y, ma fille! comme il va te guérir, lui!

Un éclat de joie plus intense, plus victorieux, jaillit de la flamme.
Elle s'anime davantage, il semble qu'elle exulte…

Une rafale stridente hurla, remplit la maison d'effroi et de plaintes.
Mais la flamme ne s'effraya pas, continua le chant de bonheur…