L’Auvergne se divisait en Haute et Basse-Auvergne; la première, qui comprend aujourd’hui le Cantal et une partie de la Haute-Loire, a conservé la vieille langue rustique des ancêtres avec plus de fidélité que la Basse-Auvergne. Ce fait tient surtout à des raisons topographiques. Si l’influence du Français s’est fait sentir davantage dans la Basse-Auvergne, c’est parce que les rapports de ses habitants avec les gens du Nord sont plus nombreux et suivis. Cependant les différences entre les deux patois portent moins sur la racine et l’orthographe des mots que sur leur prononciation, et certaines règles même sont encore restées communes à toute la province. Ainsi l’e muet, qui caractérise les terminaisons féminines en Français, est rendu par un a bref et sourd:
| Fein-na. | Femme. |
| Fi-llia. | Fille. |
Dans la Basse-Auvergne, la terminaison au pluriel est plus accentuée:
| Las fennas. | Les femmes. |
| Las fillias. | Les filles. |
Le ch se change en ts, tsch, soit:
| Tsanta. | Chante. |
| Tsalour. | Chaleur. |
| Tschi. | Chien, etc. |
J se prononce dz, dj; ainsi:
| Im dzou. | Un jour. |
| Di-djau. | Jeudi. |
Dans l’Auvergne méridionale, la prononciation tend à se rapprocher davantage de la langue mère; on en fait surtout la remarque dans les mots qui expriment une augmentation ou une diminution; il en résulte une couleur et une harmonie que l’on ne rencontre pas ailleurs. L’on dit ainsi:
| Chapeau. | Tsapé. |
| Grand chapeau. | Tsapelas. |
| Petit chapeau. | Tsapelou. |