| Homme. | Omë. | Omenass. | Omenou. |
| Femme. | Feinna. | Feinass. | Feinou. |
| Feinetta. | Feinnouna, etc. | ||
Quelques mots ont conservé une forme qui se rapproche plus du Latin:
| Adzuda, | aider, | du Latin | adjutum; |
| Espeita, | attendre, | — | expeto; |
| Ligna, | branche, | — | lignum; |
| Londa, | boue, | — | lutum; |
| Puzët, | bouton, | — | pusula, etc., etc. |
Le commencement de la Parabole de l’Enfant prodigue va montrer le vocabulaire auvergnat mis en œuvre:
En ome aviot dous garçons, lou pè dzouïne diguet à soun païre: donna mé la part dé l’iéritadge qué mé reveit?
Lon païre lour partadzed sa fourteuna.
Quasques dzours après, lou dzouïne garçon ramassé soun bé, e partiguét per voudiaza diens un païs estrandgé, é dissipét ati tout ço qu’aviot en débaoutza, etc., etc.
L’Auvergne a produit des Troubadours célèbres, parmi lesquels on peut citer, comme un des plus anciens, Pierre Rogiers, qui vivait au commencement du XIIe siècle. Nommons encore le Dauphin et l’évêque de Clermont dont les satires ne manquaient ni d’esprit ni d’à-propos; Peyrols, connu surtout par ses sirventes militaires en faveur des croisades; le moine de Montaudon, dont les poésies licencieuses devaient s’accorder bien mal avec les règles et l’austérité d’un cloître; aussi le voit-on jeter sa robe aux orties et courir les amoureuses aventures. On ne saurait oublier la belle Castelloza, femme du seigneur de Mairona, qui a laissé de très gracieuses poésies. Enfin, l’abbé Caldagnès, auteur d’un recueil de poésies auvergnates publié en 1733, a, dans une lettre intercalée dans l’exemplaire que possède la Bibliothèque nationale et portant la date de 1739, formulé sur le patois et la langue Française une opinion généralement admise aujourd’hui:
Je conviens de bonne foi que la langue Auvergnate est aujourd’hui un vrai patois; mais j’espère que vous voudrez bien convenir avec moi que ce patois et le Français ont des aïeux communs. Le Français a eu le bonheur d’avoir été chéri de nos anciens rois; ils l’ont ennobli, tous les courtisans à leur exemple, et tous les beaux esprits lui ont rendu successivement de grands services; cependant, malgré tant de faveurs, il y a quatre ou cinq cents ans qu’il n’était, tout au plus, qu’un petit noble de campagne, à qui les élus de ce temps-là pouvaient fort bien disputer la noblesse, et qu’il n’était en vérité guère plus riche que son frère le roturier...
Il faut également citer les Poésies auvergnates de Joseph Pasturel, imprimées à Riom en 1733, chez Thomas, et réimprimées en 1798. On y remarque des notes sur l’orthographe et la prononciation de l’Auvergnat, et sur les progrès que faisait le Français en Auvergne à cette époque.