Lorsqu’on parle de plusieurs personnes, on emploie toujours le pronom soun, sa, comme s’il ne s’agissait que d’une seule: ils viennent de leur maison de campagne, venoun de sa bastido.

De même, l’on dit pour les deux nombres: li ai dounat, je lui ai ou je leur ai donné; li digueri, je lui ou je leur ai dit, etc.

Lorsqu’on parle indéterminément de quelque chose, on emploie la particule va au lieu de l’article lou, le, etc. Exemple: Le croyez-vous? Va crésez? ou va créseti? Je le ferai, va farai. Mais, s’il était question d’une personne, on dirait: lou veiray, je le verrai.

L’adverbe relatif y, qui signifie en cet endroit-là, s’exprime en provençal par li: Veux-tu y aller? Li voues anar? J’(y) irai, l’anaraï; passes-y, passos-li; prends-y garde, pren li gardo.

Le relatif qui s’exprime par qun toutes les fois qu’il y a interrogation: Qun piquo? Qui frappe? Mais, dans le cours d’une phrase, il se rend par le mot que: aqueou que douerme, celui qui dort; lou cavaou ou lou chivaou que vendra, le cheval qui viendra.


CHAPITRE III
DES VERBES

Le nominatif précède toujours le verbe; cependant j’ai souvent entendu les gens de la campagne, et surtout les enfants, dire: a dich moun paire, pour moun paire a dich.

Le verbe Estre, Être, s’emploie ordinairement comme gouvernant l’accusatif si je fusse (sic) en leur place, se fouguessi elleis. On dit aussi se fougueissi d’elleis en sous-entendant en plaço.

Les infinitifs forment tout autant de noms substantifs: on dit lou proumenar pour la proumenado, lou dourmir pour lou souen, etc... Il semble même que cette façon d’exprimer les choses est plus énergique.