Il est d’usage encore d’employer le pronom si, se à la première personne du pluriel: nous nous reverrons, si vereins; allons-nous-en, s’en anan ou Enanen s’en.

On dit aussi: sau pas ce que si fa, il ne sait pas ce qu’il fait; quelle heure est-il? quant soun d’houro? Ce qui signifie littéralement: combien est-il d’heures?

Je ne dirai rien des adverbes et des prépositions, mais il y aurait encore beaucoup de choses à dire sur les tournures des phrases. J’ai cru qu’il ne serait pas hors de propos de donner une courte notice de la poésie provençale et de citer quelques morceaux qui n’ont pas été livrés à l’impression.

L’auteur (comme exemple) donne un quatrain de Toussaint Gros, sur la Mort; il cite la Bourrido deis Dious, de Germain, et un extrait du Nouveau Lutrin, par d’Arvieux.

Les nombreux exemples que nous avons donnés de la poésie provençale nous dispensent de citer dans cet ouvrage des extraits, forcément incomplets et qui n’ajouteraient rien à la beauté de la langue. Mais ce que nous avons cru nécessaire de ne pas omettre, comme nous l’avons dit précédemment, c’est un aperçu grammatical du Provençal tel qu’on l’écrit et qu’on le parle aujourd’hui, d’après la méthode de la nouvelle école félibréenne, en parallèle avec la grammaire d’Achard, qui date des premières années du siècle dernier. Le lecteur pourra, par lui-même, constater les différences qui existent entre les deux orthographes et se faire une opinion, au point de vue linguistique et orthographique, sur les œuvres qui ont précédé le mouvement félibréen et celles qui l’ont suivi.


DIFFÉRENCES LINGUISTIQUES ET ORTHOGRAPHIQUES
ENTRE LE PROVENÇAL PARLÉ ET ÉCRIT AVANT LA RÉVOLUTION ET LE PROVENÇAL DE NOS JOURS, SELON L’ECOLE FÉLIBRÉENNE, D’APRÈS L’OUVRAGE DU FRÈRE SAVINIEN ET DOM XAVIER DE FOURVIÈRES

ALPHABET PROVENÇAL USITÉ DE NOS JOURS[102]

L’alphabet provençal aujourd’hui en usage se compose de vingt-trois lettres; l’y et l’x supprimés formaient la vingt-quatrième et la vingt-cinquième avant la réforme orthographique.

A garde le son qu’il a en français; B également, mais ne se prononce pas à la fin des mots, comme plumb, plomb.