C ne diffère de la prononciation française que lorsqu’il est suivi d’un h. Ainsi le mot chien s’écrit chin, et se prononce tsin. Cependant cette prononciation est plutôt vauclusienne que marseillaise. A Marseille, en effet, on écrit et on prononce chin.
Le D, comme en français. Ainsi que le b, il ne se prononce pas à la fin des mots: verd, vert.
L’E, dans la grammaire d’Achard, ne devait pas, suivant l’usage observé jusqu’à la Révolution, être accentué; aujourd’hui, sans accent ou avec un accent aigu, il se prononce comme l’e ouvert français. Ainsi devé, devoir, teté, sein, sonnent comme cité, vérité.
L’E est ouvert s’il est suivi d’une consonne, comme dans terro, terre, et encore s’il est surmonté d’un accent grave, comme dans venguè, il vint. Il est faible à la fin des mots: te, toi; fort dans les monosyllabes: vese, je vois.
F, pour efo, comme en français.
G, placé devant les voyelles a, o, u, est dur, comme dans goi, boiteux; gau, coq; degun, personne; mais, devant un e ou un i, il se prononce comme le z italien: soit gibous, bossu, que l’on prononce dzibous. Toutefois, cette dernière prononciation n’est pas usitée dans les Bouches-du-Rhône, où l’on continue à dire gibous, comme s’il était écrit djibous.
H, en provençal acho, n’est aspirée que dans quelques interjections: ho! ha! hoù! hoi! hèi! On l’emploie également pour rendre le son ch comme dans charpa, gronder, et remplacer l’ancienne forme lh pour séparer deux voyelles, ainsi: famiho, famille; abiho, abeille; Marsiho, Marseille.
I se prononce comme en français: camiso, chemise; mais, dans les monosyllabes im et in, il prend en provençal la prononciation latine; simplo, simple, ansin, ainsi; cinsaire, priseur; timbre, timbre.
Il y a aussi l’i fort et l’i faible: pali, pâlir; pàli, dois.
Le J devant l’e et l’i se prononce comme le g ou le z dans le provençal rhodanien: jamai, pour dzamai, jamais; genesto, dzenesto, genêt. A Marseille, on prononce jamai, ginesto.