Mettez bas Arlequin.
On termine par un soi-disant défilé de cavalerie, que l’on imite en chevauchant les épées, et par la passe au cercle, qui se fait avec beaucoup d’agilité[3].
Les Bergères.—Les Jarretières.—La Cordelle.—A peu de chose près, le costume est le même dans ces trois danses. Les hommes, en bras de chemise, ont un petit jupon blanc, très court, garni de rubans; sur la tête, une calotte d’enfant ornée de dentelles. Les femmes conservent le vêtement du pays avec très peu de changements, mais plus élégant et de meilleur goût que celui des hommes. Des airs appropriés se jouent sur le tambour de guerre et le fifre.
Dans la danse des Bergères, les danseurs dévident leurs fuseaux et les danseuses filent à la quenouille en cadence. Dans celle des Jarretières, hommes et femmes, rangés sur deux files, tiennent de chaque main une jarretière, s’enlacent et se dégagent tour à tour. Dans la Cordelle, le jeu est un peu plus compliqué. De l’extrémité d’une longue perche, que l’on place au milieu d’un cercle formé par les danseurs, pendent des cordons ou tresses de diverses couleurs, appelés Cordelas en provençal. Chacun s’emparant d’un cordon s’écarte de façon que tous ces cordons tendus forment un cône parfait. On saute en cadence et l’on forme la chaîne simple, dont le but est d’entrelacer régulièrement les cordons de manière à recouvrir la perche d’une sorte de natte à carreaux dont les nuances doivent correspondre. En dansant en sens contraire, on rétablit le premier motif de cette danse, dont l’effet est charmant.
Ces danses, très anciennes, ont été, dit-on, introduites en Provence par les bergers qui transhument avec leurs troupeaux dans les Alpes, d’où elles seraient originaires. Peu ou pas usitées aujourd’hui, elles exigeaient autrefois des costumes très frais et relativement chers.
Les Moresques et les Épées.—Ces danses, que l’on attribue aux Sarrasins qui, d’après la tradition, voulurent les opposer aux précédentes, s’exécutent encore quelquefois dans le Var, à Fréjus, à Grasse, et aussi à Istres, où les Arabes firent un séjour prolongé.
Dans les Moresques, le costume consiste en une tunique blanche très courte; les genoux sont entourés de petits grelots. Comme c’est surtout le soir qu’on se livre à ces ébats, le danseur tient d’une main une gaule, au bout de laquelle se balance une lanterne en papier de couleur, et de l’autre une orange qu’il présente alternativement à chacune des danseuses qui sont à ses côtés. Puis les hommes et les femmes se mettent sur deux files qui se croisent. Le premier en tête de chaque file fait des gestes fort animés et variés, successivement imités par ceux qui suivent.
La danse des Épées a toujours lieu le soir. La seule différence qui existe entre cette danse et la précédente consiste dans le jeu des épées que l’on brandit et frappe en cadence, de manière à figurer un combat qui a pour objet de défendre ou d’enlever les bergères. La musique se rapproche de celle du boléro espagnol, où les grelots remplacent les castagnettes.
Leis Bouffet.—Leis Fieloué.—La Falandoulo.—Dans les Leis Bouffet, les jeunes gens portent une serviette nouée autour du cou, et un soufflet à la main. Ils sautent l’un derrière l’autre, en manœuvrant avec le soufflet et en chantant des couplets qu’ils improvisent sur un air fort gai consacré spécialement à cette danse.
Les Fieloué, ou quenouilles, semblent une représentation satirique des travers des femmes. Les jeunes gens sont travestis en femmes, leurs costumes sont toujours une exagération des costumes féminins. Ils portent tous de grandes quenouilles enveloppées de papier de différentes couleurs, formant des lanternes dans lesquelles brûlent des chandelles. Leur chaîne parcourt les rues du village en faisant entendre des couplets plaisants sur les quenouilles et les lanternes. Ces danses fort gaies, accompagnées du tambourin et du galoubet, sont anciennes et probablement nationales, mais on ne sait rien sur leur origine.