Monsieur Kegge n'attendit nullement ce que je pouvais avoir à dire sur ce point.
—Mais pour une pièce de cinq florins, dit-il avec impatience, je puis bien encore avoir quelque chose?
—Écoutez, dit Barend, en tirant de sa poche sa serpette qu'il ouvrit, s'il y a des fleurs elles ne vous coûteront pas cinq florins; vous pourrez avoir quelque chose de très-bien pour quatre florins. Mais nous sommes si diablement hors de saison. Est-ce pour Madame?
—Non, Barend, c'est pour ma fille.
—C'est la même chose, reprit le vieux jardinier; les dames sont nos meilleurs chalands pour les fleurs, mais si nous n'avions que les fleurs pour vivre!...
—Mais que diantre avez-vous donc d'autre?
—Parbleu, les oignons, dit Barend; les fleurs ne signifient rien. C'est de la misère. Tenez, poursuivit-il, en montrant un pot qui n'avait pas de fleurs, mais une quantité de petites feuilles finement découpées, n'avez-vous pas envie de cette petite chose-là? Ou l'auriez-vous déjà peut-être?
—Qu'est-ce que c'est, Barend?
—C'est, dit Barend, la véritable mimosa noli me tangere.
—Pas de latin à propos de pots, s'écria Kegge; sottises que tout cela! Comment cela s'appelle-t-il dans votre langue maternelle, mon brave?