—Pourquoi n’irions-nous pas à Sorrente, à Nice, à Chiavari, passer toute notre vie ainsi? Veux-tu? disait-il à Paquita d’une voix pénétrante.

—As-tu donc jamais besoin de me dire:—Veux-tu? s’écria-t-elle. Ai-je une volonté? Je ne suis quelque chose hors de toi qu’afin d’être un plaisir pour toi. Si tu veux choisir une retraite digne de nous, l’Asie est le seul pays où l’amour puisse déployer ses ailes.....

—Tu as raison, reprit Henri. Allons aux Indes, là où le printemps est éternel, où la terre n’a jamais que des fleurs, où l’homme peut déployer l’appareil des souverains, sans qu’on en glose comme dans les sots pays où l’on veut réaliser la plate chimère de l’égalité. Allons dans la contrée où l’on vit au milieu d’un peuple d’esclaves, où le soleil illumine toujours un palais qui reste blanc, où l’on sème des parfums dans l’air, où les oiseaux chantent l’amour, et où l’on meurt quand on ne peut plus aimer...

—Et où l’on meurt ensemble! dit Paquita. Mais ne partons pas demain, partons à l’instant, emmenons Christemio.

—Ma foi, le plaisir est le plus beau dénoûment de la vie. Allons en Asie, mais pour partir, enfant! il faut beaucoup d’or, et pour avoir de l’or, il faut arranger ses affaires.

Elle ne comprenait rien à ces idées.

—De l’or, il y en a ici haut comme ça! dit-elle en levant la main.

—Il n’est pas à moi.

—Qu’est-ce que cela fait? reprit-elle, si nous en avons besoin, prenons-le.

—Il ne t’appartient pas.