ABRAHAM.[→] Je l’avoue. Je m’approchai, je frappai de la main à la fenêtre de Marie, je l’appelai plusieurs fois en la nommant ma fille.
ÉPHREM.[→] Hélas! vous l’appeliez en vain.
ABRAHAM.[→] Cette idée ne me vint pas encore; je lui demandai la cause de sa négligence à remplir ses devoirs pieux; mais je ne reçus pas le plus faible murmure pour réponse.
ÉPHREM.[→] Que fîtes-vous alors?
ABRAHAM.[→] Dès que je m’aperçus que celle que je cherchais était absente, mes entrailles furent émues de crainte, tout mon corps trembla.
ÉPHREM.[→] On ne peut s’en étonner; moi aussi j’éprouve le même trouble en vous écoutant.
ABRAHAM.[→] Puis je remplis les airs de cris lamentables, demandant quel loup m’avait ravi mon agneau, quel brigand retenait ma fille captive?
ÉPHREM.[→] Vous déploriez avec raison la perte de celle que vous avez nourrie.
ABRAHAM.[→] Enfin arrivèrent des gens qui, sachant la vérité, me dirent ce que je vous ai raconté et m’apprirent qu’elle s’était faite la servante des vaines passions du siècle.
ÉPHREM.[→] Où demeure-t-elle?