THAÏS.[→] Et quelle place peut-il rester à présent pour les plaisirs corrompus dans un cœur où règnent sans partage un repentir amer et l’épouvante nouvelle que m’inspirent des crimes dont je connais l’énormité?
PAPHNUCE.[→] Ce que je souhaite, c’est que, coupant les épines du vice, vous fassiez couler sur vos fautes le torrent de la componction.
THAÏS.[→] Oh! si vous pouviez croire, oh! si vous pouviez espérer qu’une pécheresse souillée, comme je le suis, par la fange de mille et mille impuretés, pût jamais expier ses crimes et mériter son pardon par une pénitence, quelque dure qu’elle fût!...
PAPHNUCE.[→] Il n’est point de péché si grave, point de crime si énorme, que ne puissent expier les larmes du repentir, pourvu qu’elles soient suivies d’œuvres effectives.
THAÏS.[→] Montrez-moi, je vous prie, mon père, par quelles œuvres méritoires je puis obtenir le bienfait de ma réconciliation.
PAPHNUCE.[→] Méprisez le siècle, et fuyez la compagnie de vos amants dissolus.
THAÏS.[→] Et que me faudra-t-il faire ensuite?
PAPHNUCE.[→] Vous retirer dans un lieu solitaire, où, en faisant votre examen intérieur, vous puissiez pleurer sur l’énormité de votre péché.
THAÏS.[→] Si vous espérez que cela puisse être utile à mon salut, je ne tarde pas un seul instant.
PAPHNUCE.[→] Je ne doute pas que cela ne vous soit utile.