Quant au plus âgé, il avait une belle tête de vieux coupeur de routes, aquiline et sombre.
Ahmed Bou-Djema portait, pendus à sa ceinture, deux superbes lièvres. Il s’écarta un peu du puits et, après avoir dit « Bismillah ! » il se mit à vider son gibier.
Le soleil avait disparu derrière les dunes, et les derniers rayons roses du jour glissaient au ras du sol, entre les buissons aux feuilles pointues et les jujubiers. Les touffes de drinn semblaient d’or, dans la grande lueur rouge du soir.
Sélem, l’aîné des deux frères, s’écarta de notre groupe et, étendant son burnous loqueteux sur le sable, il commença à prier, grave et comme grandi.
— Vous n’avez point de famille ? demandai-je à Hama Srir, pendant que nous creusions un trou dans le sable pour la cuisson des lièvres.
— Sélem a sa femme et ses enfants à Taïbeth. Moi, ma femme est dans les jardins de Remirma, dans l’Oued-Rir, chez sa tante.
— Ne t’ennuies-tu pas, loin de ta famille ?
— Le sort est le sort de Dieu. Bientôt j’irai chercher ma femme. Quand les enfants de Sélem seront grands ils chasseront comme leur père.
— In châ Allah !