— Amine.
Tout me charmait et m’attirait, dans la vie libre et sans souci de ces enfants du grand Sahara splendide et morne.
Après avoir lié en boule les lièvres, nous les mîmes, avec leur fourrure, au fond du trou, sous une mince couche de sable. Puis nous allumâmes par-dessus un grand feu de broussailles.
— Alors, tu t’es marié chez les Rouara ?
Hama Srir fit un geste vague :
— C’est toute une histoire ! Tu sais que nous autres, Arabes du Désert, nous ne nous marions guère en dehors de notre tribu…
Le roman de Hama Srir piquait ma curiosité Voudrait-il seulement me le conter ? Cette histoire devait être simple, mais empreinte du grand charme mélancolique de tout ce qui touche au désert.
Après le souper, Sélem et Bou-Djema s’endormirent bientôt. Hama Srir, à demi couché près de moi, tira son « matoui » (petit sac en filali pour le kif) et sa petite pipe. Je portais, moi aussi, dans la poche de ma gandoura, ces insignes du véritable Soufi. Nous commençâmes à fumer.
— Hama, raconte-moi ton histoire ?
— Pourquoi ? Pourquoi t’intéresses-tu à ce qu’ont fait des gens que tu ne connais pas ?