Nous traversons le Mellah, le quartier salé, le quartier des juifs, qui gîtent en d’étroites boutiques à même la rue.
Ici, à l’encontre des mœurs figuiguiennes, les juives, qui portent cependant le même costume, ne sont pas cloîtrées. Elles jacassent, cuisinent, se débarbouillent devant leurs portes.
… Encore un tournant, et nous voici dans une autre rue plus étroite et plus propre, qui finit en des lointains de clair-obscur, sous des maisons qui la voûtent.
L’ENTRÉE A LA ZAOUÏYA
Où allons-nous, vers quelle retraite, vers quelle ombre propice à la méditation, au repos, au rêve, à l’oubli ?
J’aime les ruelles dont je ne connais pas l’issue. A les suivre, il me semble toujours qu’il va se passer quelque chose dans ma vie.
L’esclave s’est arrêté, il a pris mon cheval par la bride, il m’a fait signe de mettre pied à terre. Nous franchissons une dernière porte, nous sommes dans la zaouïya.
Les marabouts Ziania sont réputés pour leurs sentiments favorables à la France. Ce sont des gens paisibles et humains qui saluent une puissance de justice. Ils apportent tous les jours des preuves nouvelles de leur sentiment de déférence et de respect de la parole donnée.
Kenadsa est située hors frontière et reconnaît la suzeraineté du sultan de Fez. Nous voici donc en territoire marocain, à vingt-cinq kilomètres de Béchar, terre française.