Tout se tait, maintenant, toutes les têtes s’inclinent, attentives.
De l’obscurité où s’enfonce le mihrab, la grande niche qui indique la direction de La Mecque, la voix cassée et chevrotante de l’imam s’élève. Il lit la « Khotba », la longue prière mêlée d’exhortations qui tient lieu de sermon et qu’on écoute assis et en silence.
… L’imam n’est point un prêtre, — on sait que l’Islam n’a point de clergé régulier — c’est simplement le plus savant, le plus vénéré taleb de l’assistance. Tout homme lettré peut servir d’imam : il doit simplement réciter la prière.
Dans l’Islam, pas de mystères, pas de sacrements, rien qui nécessite l’intermédiaire du prêtre.
… Pendant la Khotba, encore des instants de rêve vague, de grand calme doux.
Un homme en chemise blanche, ceinturée d’une simple corde, tête nue, porte un seau d’eau fraîche et une tasse en terre : il donne à boire aux vieillards et aux malades. C’est une bonne œuvre qu’il s’impose ainsi, tous les vendredis.
… Un dernier appel du moueddhen, et le vieil imam termine sa lecture et commence à prier.
Un jeune homme à la voix forte et sonore est placé près de lui et répète les invocations sur une sorte de plain-chant.
Toute l’assemblée se tient debout, les deux mains à hauteur du visage, puis les bras retombent le long du corps, et le peuple répète avec l’imam et le chantre « Allahou Akbar » (Dieu est le plus grand).
On s’incline et on se prosterne…