2o Il sait tout cela, ayant été élève : il en rit souvent avec ses collègues. Je me souviendrai toujours du sourire ignoble de ce pion disant à un écolier de treize ans dont l’ami était chassé pour avoir fait circuler une chanson obscène :

— « Eh bien ! il s’en va donc, votre petit ami… »

Je ne parle que pour mémoire des pions qui, subissant eux-mêmes cette atmosphère de l’internat, vont caresser la nuit les enfants que vous avez confiés à leurs soins.

Cette abomination heureusement est très rare dans les établissements de l’Université ; d’ailleurs, l’indiscrétion, naturelle aux enfants, rend le jeu peu sûr. J’ai vu cependant, dans un lycée de Paris, chasser un maître-d’études qui s’était rendu coupable de cette infamie : son nom est encore dans mon souvenir, ainsi que celui d’une de ses victimes.


Ici, on me fait une observation que je ne veux point esquiver ; c’est que, dans la famille même, l’enfant peut contracter les mauvaises habitudes. J’entends dire : « Sous le toit paternel, il court bien des périls : tantôt on le néglige, tantôt précepteurs et domestiques le gâtent. Il trouve auprès de sa mère qui l’adore une sollicitude trop vive, dont les effets sont parfois funestes. Autour de lui les distractions abondent ; le bien-être amollit ses mœurs, et, la puberté venue, les sollicitations des sens seront irrésistibles : l’onanisme, on le sait, peut se passer d’être enseigné. »

Eh bien ! ces objections témoignent chez les parents qui les font, d’une intelligence fort incomplète de leurs devoirs. Comment ! votre enfant se gâtera sous vos yeux sans que vous vous en avisiez, sans que vous arrêtiez, si vous ne les avez pas prévenus, les progrès du mal ! Mais c’est vous seuls que je fais responsables des vices de vos enfants ; vous jugez trop lourd le soin de les surveiller, de les guider : pourquoi les avoir mis au monde ?

Savez-vous que vos observations manquent absolument de justesse ? Car, considérez le parallèle suivant :

Dans la famille :

1o L’enfant peut être surveillé,